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Sociétés
coopératives de production -
30/08/2004
Les sociétés coopératives de production sont aujourdhui plus de 200 dans la région, regroupant 2 500 salariés. Leur principe : les salariés associés ont lentière maîtrise de lentreprise. Par
Amandine Place
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En moins dun an, deux monuments du patrimoine industriel régional, Coder (Marseille) et les Aciéries et fonderies de Provence (LArgentière, 05) ont évité de justesse la liquidation grâce à une reprise en Scop. Seul statut juridique qui permet aux salariés davoir lentière maîtrise de lentreprise en les associant aux décisions, à la gestion et aux résultats, ces coopératives sont des sociétés commerciales à part entière, sous forme de SA ou de SARL. Les principes : les associés salariés (ou coopérateurs) détiennent au moins 51% du capital social et 65% des droits de vote ; les bénéfices sont ristournés aux salariés et alimentent des réserves qui restent propriété de la Scop ; les nouveaux salariés apportent progressivement leur part de capital à lentreprise tandis que ceux qui partent peuvent se faire rembourser ; les votes en assemblée sont basés sur la règle une personne, une voix indépendamment du montant du capital détenu. A loccasion de la parution de louvrage Histoire des coopératives de production en Paca, lUnion régionale des Scop Paca-Corse (Urscop), structure dappui et de soutien aux sociétés coopératives animée par huit personnes, a fait le point sur ces entreprises qui ont choisi de fonctionner comme des démocraties. Plus dun siècle de coopératives Dans le Sud-Est, les 1ères associations ouvrières, ancêtres des Scop, sont nées en 1848, surtout à Marseille et Toulon. Mais il faudra attendre une cinquantaine dannées pour que lImprimerie nouvelle (Marseille), doyenne des Scops régionales, ne voie le jour. En 1909, les Scops des Bouches-du-Rhône créent une section départementale, suivie en 1921 dune section régionale, avec comme priorité la formation et la propagande des idées. Favorable aux Scop, la loi du 13 juillet 1928 est suivie de nombreuses créations dentreprises dans le bâtiment. Certaines municipalités socialistes, comme celle dHenri Tasso à Marseille, les encouragent. En 1940 naît, à destination des exilés en transit dans la cité, la coopérative du Fruit mordoré, qui emploiera près de 300 personnes grâce à la vente du Croquefruit, bouchée de datte enrobée de pâte damandes. A la Libération, de nombreux secteurs souvrent à la coopération et la section régionale rassemble alors 47 sociétés, le Congrès national des Scop sera dailleurs organisé à Marseille en 1950. En 1960, sous la houlette de Jacques Escudié, la section régionale des Scop étoffe ses services aux adhérents. A partir de 1974 commence le chantier de la décentralisation. Onze ans plus tard, lUnion régionale dépasse les 150 Scop et on assiste à de nouvelles poussées décentralisatrices, de sorte que chaque section régionale se retrouve responsable de son budget. En 1989, lUnion régionale monte Pargest, société de capital-risque dont le but est daider la reprise dentreprises de taille significative et la constitution de groupes coopératifs (une société de caution mutuelle avait déjà été créée en 1983), à laquelle le Conseil général, le Conseil régional, la CDC, la Caisse dépargne Pacr, la Banque française de crédit coopératif, le Crédit mutuel méditerranéen et lEsfin Ides ont donné depuis leur appui financier. Quatre ans plus tard, cest la crise. Sous-capitalisées, de nombreuses sociétés coopératives sont au bord de la faillite, ce qui pousse lUnion régionale à engager une campagne pour convaincre les adhérents de conforter leur assise financière en capitalisant les sommes bloquées au titre de la participation. Depuis le début des années 2000, le réseau des Scop, doté de structures dappui, renforce ses partenariats avec les Caisse dépargne et la CDC. Il souvre aussi à de nouvelles activités dutilité sociale et dinsertion professionnelle grâce aux nouveaux statuts de Société coopérative dintérêt collectif. 214 Scop en 2003 Aujourdhui, daprès les chiffres de lUrscop (2003), il existe 214 Scop en Paca, qui emploient 2556 salariés, dont 1 000 dans les services. 51% des Scop de la région sont dailleurs des entreprises de services, contre 25% dans lindustrie et 24% dans le bâtiment.
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