| Menu document | |
|
Opération
Provence 2004 à Stockholm - 11/10/2004
Par
Jean-Christophe Barla
|
|
Plusieurs milliers de visiteurs au marché provençal de la galerie commerciale Gallerian, dans le centre-ville de Stockholm. Six cents participants à linauguration du rayon provençal (20 entreprises, 250 produits) du grand magasin NK, équivalent de nos Galeries Lafayette et des milliers de clients ensuite. Des dizaines de tour-opérateurs et journalistes spécialisés au Workshop Tourisme de lopéra de Stockholm Des importateurs, des restaurateurs au salon Art de vivre en Provence, également à lopéra. Les Suédois semblent extrêmement curieux, voire avides, de Provence. Une région quils trouvent attractive et où 17 000 dentre eux possèdent même leur résidence secondaire. Pourtant, les échanges entre ce pays et notre région restent faibles : en 2003, la Suède, avec ses 9 millions dhabitants, représentait 0,65% de nos exportations (85,9 M€ de ventes) et 0,3% de nos importations (50,6 M€) ! PIB à la hauteur Souvent considéré comme difficile à aborder, trop petit ou trop éloigné par les entreprises provençales, le marché suédois nen recèle pas moins un fort potentiel : le PIB par habitant, sélève à 28 550 €, soit 25% de plus que le nôtre ! Ces relations sont très inférieures à ce quelles devraient être, explique Michel Wlodarczyk, président de la Chambre de commerce franco-suédoise (CCFS) à Stockholm (192 entreprises membres). Si la célébration de Mistral a servi de fédérateur, la mission avait pour ambition de mettre à terme loffre au diapason de la demande potentielle. Létincelle, en tout cas, sest produite. Née, voici deux ans, dune demande de la CCFS à la CCI du Var, Provence 2004 à Stockholm sest vue finalement prise en charge par la CRCI Paca-Corse qui a vu une opportunité de faire tomber des préjugés. Un pays fiable, des habitants au pouvoir dachat important, une clientèle intéressée La Suède apparaissait comme un marché jouable quand dautres, comme la Chine ou lInde, restent encore difficiles, soutient Marc Paul, directeur de lEconomie de la CRCI. Elle peut, de plus, servir de point dancrage vers la Scandinavie et les pays baltes, insiste Dominique Poggi, président de la CRCI. Demande mais exigence Si les résultats seront précisément évalués dans les prochains mois, tant en Suède quen Provence, nombre dentre eux savèrent déjà très positifs (voir ci-contre), parfois même au-delà des attentes initiales. Directeur régional du commerce extérieur, Alain Galliano parle dinitiative fabuleuse à un moment où les exportations globales de Paca saffichent à la baisse depuis deux ans. Le club dexportateurs Procamex, qui a appuyé une douzaine dentreprises sur lopération, a effectué un premier bilan dès le 7 octobre. Certaines sociétés ont dû expédier en urgence de nouveaux produits tant la demande était forte, assure Gérard Nouen, président. Mais, le plus dur commence sans doute. Les Suédois ont été perçus comme très exigeants, en termes de respect des délais, de rapport qualité-prix, de ponctualité sur les rendez-vous Il faut beaucoup insister pour gagner leur confiance, confie Henri Fabre, de la SA Fabre, producteur et négociant de vins à Pierrefeu-du-Var (83). Ils sont très attentifs à linstauration dune relation pérenne, fondée sur des visites mutuelles régulières. Un propos qui trouve écho chez La Orre Montan, consultante du magasin NK. Nous espérons conserver longtemps les 250 produits référencés. Nous songeons même à proposer des corbeilles provençales pour les fêtes de fin dannée, à condition que les produits soient étiquetés en suédois et que les livraisons seffectuent dans les temps promis. Valeur ajoutée Les entreprises agroalimentaires, portées par le concept de diète méditerranéenne auquel souvrent les Suédois, mais aussi de décoration ou de senteurs, ont donc un joli coup à jouer. Dans le tourisme, la demande reste également soutenue (environ 165 000 visiteurs en 2003). Mais là encore, lexigence fait loi. Depuis deux ans, plusieurs de nos clients se sont plaints dune dégradation de laccueil qui leur a été réservé, explique cette tour-opératrice suédoise. Nous avons même supprimé un grand hôtel aixois de nos circuits car la réception, malgré notre avertissement, sest montrée mauvaise deux ans de suite. Les activités les plus recherchées, selon Jaana Alenius, de Maison de la France à Stockholm : le ski, le golf et le tourisme daffaires. Les cours de cuisine, les circuits à vélo et les dégustations vins-gastronomie marchent aussi très bien. Mais pour faire repérer son offre par un Suédois, il faut soigner le référencement de son site internet et surtout parler un anglais correct. Quant aux autres secteurs plus industriels (télécommunications, biotechnologies ), les atouts de la Provence demeurent plutôt mal connus. Ce qui ne veut pas dire que des partenariats ne sont pas possibles. Loffre ne doit pas concerner la fabrication, mais déboucher sur une réelle valeur ajoutée, confie Jean-Pierre Dubois, de la Mission économique de lAmbassade de France à Stockholm. |
|