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Sommet international
du capital-risque à Sophia - 13/12/2004
Par
Jean-Christophe Barla
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A force davoir pris trop de risques dans les années 1999-2000, au moment de la fameuse bulle internet, le capital-risque avait fini par privilégier ces trois dernières années la prudence. Lédition 2004 de lIVCS allait-elle marquer un renversement de tendance ? Sil ne faut pas sattendre à un retour des embrasements du passé, la confiance revient progressivement. Les technologies de linformation et de la communication ne sont plus regardées avec la même suspicion quil y a deux ans et dautres secteurs émergent dans les biotechnologies ou lénergie, susceptibles de générer demain des revenus potentiellement intéressants pour linvestisseur qui miserait sur le bon cheval et accepterait de se donner du temps avant de recueillir les fruits de son engagement. 32 sociétés, régionales, françaises et européennes, se sont donc succédées à la tribune de deux salles du Cica de Sophia, avec lintention de séduire en vingt minutes ceux qui pourront les aider à atteindre les objectifs, parfois furieusement ambitieux, de leur business plan. Les prochains mois révèleront ceux qui ont franchi avec succès ce délicat exercice. Plusieurs constats simposent déjà Révolutionner un marché La question avait été soulevée fin octobre à Marseille, lors du Carrefour européen des biotechnologies. Elle est apparue comme une douloureuse évidence pour les porteurs de projets en quête de leurs 1ers fonds : lamorçage nest pas une priorité des investisseurs. Les chefs dentreprise doivent dabord faire leurs preuves technologiquement, financièrement, commercialement et managérialement ! Les propos sont clairs. Nous ne sommes pas là pour prendre des risques, sinon mieux vaut se rendre à Las Vegas, explique Jacques Vallée, DG de SBV Venture Partners, société de capital-risque basée dans la Silicon Valley. Notre ambition nest pas non plus de créer des PME, mais les futurs Intel ! Olivier Chapel, de Sofinnova Partners, recherche aussi des projets à potentiel mondial, des futurs leaders européens. Comment les repérer ? Parfois lévidence simpose : Un produit ne doit pas se contenter dêtre mieux que lexistant. Il doit le révolutionner, comme le DVD a supplanté la cassette vidéo alors que nombre de nos magnétoscopes fonctionnent encore !, souligne Peter Hiscocks, directeur de University of Cambridge Enterprise, au Royaume-Uni. Ce dernier se montre dailleurs très sévère avec la plupart des projets qui lui sont soumis. Je regarde 15 à 20 business plans par semaine et la majorité ne valent rien !, affirme-t-il. Qualité du management Que regardent donc dabord les investisseurs ? La qualité de la composition de léquipe de management constitue une donnée de base. Il est indispensable de sentourer de gens dexpérience, admet Nicolas Vaillant, de SG Asset Management. Tous insistent sur ce point. Walter de Brouwer, pdt de Termeeren, qui a fondé en douze ans une quarantaine dentreprises avant de devenir investisseur, évoque la force des liens faibles : Si vous avez dans votre réseau 200 connaissances, elles vous seront plus utiles pour dénicher des capitaux que sept ou huit amis fidèles !. La technologie, en revanche, contribuerait rarement à motiver un apport financier. Les brevets sont importants, mais il faut parfois savoir garder ses secrets, confie Nigel Toon, vice-pdt dIcera, start-up britannique qui réalise des semi-conducteurs sans usine et peut se vanter davoir levé à ce jour 33 M$. Il suffit à un concurrent de les contourner légèrement pour contrecarrer une avance technologique. Plutôt que de technologie, je veux entendre parler de marché et de clients, insiste Peter Hiscocks qui relaie les attentes de quinze investisseurs interrogés dans le cadre dune enquête européenne (projet Teee Inn). Pour Olivier Chapel, ce critère sert souvent à distinguer la réactivité dune équipe : Nous sommes à lécoute du marché, dit-il. En France et à létranger. Si les dirigeants de la société ne disposent pas systématiquement de trois longueurs davance sur nos connaissances quand ils parlent du leur, il y a un vrai problème. |
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