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Zoom : Bouches-du-Rhône, résultats - janvier 2006
Zones franches à Marseille : le bilan

Zones franches à Marseille : nouveaux projets

Le dispositif des zones franches urbaines
(Voir carte)

Les Zones franches urbaines (ZFU), lancées en deux vagues pour booster l’emploi et l’activité économique dans les quartiers déshérités, permettent aux entreprises et associations qui s’y implantent d’être exonérées de certaines charges sociales, taxe professionnelle et impôt sur les bénéfices si un tiers des embauches concernent les habitants du quartier. Deux ZFU existent à Marseille, sur 85 en France. La première, Nord Littoral, d’une durée de cinq ans, date de 1997. Après un “trou”, elle a été relancée pour cinq ans le 1er janvier 2003. La seconde, la ZFU des 14e et 15e Sud, date du 1er janvier 2004.

Marseille est la seule ville qui dispose de deux zones franches urbaines, “Nord Littoral” et “14e et 15e Sud”. A l’heure où le gouvernement relance la création de ces dispositifs, le bilan d’étape est positif, mais chaque zone a ses problématiques. Marseille est la seule ville qui dispose de deux Zones franches urbaines (ZFU), “Nord Littoral” et “14e et 15e Sud”. A l’heure où le gouvernement relance la création de ces dispositifs ou les pérennise, le bilan d’étape est positif (lire notre édition précédente) et de nouveaux projets émergent.

Implantations

La première zone franche, Nord Littoral occupe 216 ha où habitent 18 000 habitants. 14e et 15e Sud occupe 509 ha pour 49 500 habitants. Ces deux espaces sont parties intégrantes du périmètre Grand projet de ville (GPV) qui s’intéresse aux 2e, 3e, 13e, 14e et 16e arrondissements et fait aussi l’objet d’investissement particuliers. La 1ère comprend trois cités (Castellane, Plan d’Aou et Bricarde), trois noyaux villageois (Saint-Antoine, Saint-André et Saint-Henri) et deux parcs d’activités (Saumaty-Séon et le village d’entreprises Saint-Henri (deux nouvelles tranches y ont d’ailleurs été lancées). La Ville plaidait pour que la 2nde ZFU soit plus étendue que le périmètre finalement défini par l’Etat qui “tourne” autour de la zone des Arnavants. Les cités y sont les Micocouliers, la Simiane, les Flamants, la Paternelle, la Busserine, Saint-Barthélémy, la Visitation, Bassens, Maison blanche... La particularité de cette zone, dont la continuité n’est pas évidente, est d’être composée de plusieurs parties reliées “artificiellement” par une simple ligne sur le papier ! Dans cette dernière ZFU, le foncier appartient aux propriétaires privés. Dès le départ, l’objectif a donc été de les motiver pour faire émerger des projets.

Activités

Dans ces zones, des activités se sont créées et d’autres ont disparu, mais le différentiel est positif. Entre 1997 et 2003, 1 300 établissements et 8 000 emplois ont été créés sur Nord littoral. Entre 1999 et 2005, le nombre d’établissements est passé de 1 054 à 2 072 (+96,6%). Une augmentation plus rapide que sur le reste de l’agglomération (+15,3%). Citons les implantations d’AOL, Ducros-Euroexpress et AON. Sur 2004-2005, la progression est de 5,7% (3,7% pour l’ensemble de Marseille). L’emploi est passé de 4 844 postes en 1999 à 10 163 postes en 2004 (+110%, contre +7% sur tout Marseille). Par contre, les cités ont du mal à profiter du système, comme à peu près partout en France. Les entreprises s’installent rarement en pied d’immeubles. Si entre 1997 et 1999 certaines l’ont fait, au bout de trois ans, le nombre d’emplois comme d’établissements y a baissé. Il faut réfléchir à aborder le problème des cités en lien avec l’équipe du GPV. Globalement, le dispositif des zones franches est adapté aux PME-PMI, mais moins aux TPE, qui ne font souvent pas de bénéfice et n’ont pas de salariés. Les entreprises type œuvrent dans le service à la personne ou à l’entreprise et le commerce. La ZFU des 14e et 15e Sud devrait accueillir des services à l’entreprise, étant donnée la proximité des Arnavants. L’équipe de la Ville y travaille également sur les activités de proximité. Après une phase où les habitants ont manifesté leur intérêt, la demande provient maintenant de l’extérieur pour des surfaces de 1 500 m2, mais le foncier manque. Au 1er juillet 2003, 1 500 établissements y étaient implantés, employant 8 400 personnes, dont 1 480 établissements et 4 300 emplois pouvant bénéficier des avantages alors à venir. La progression sur la dernière année est de +11,4% permettant d’atteindre 1 811 établissements en 2005 (1 625 en 2004). L’emploi est passé de 7 759 postes en 1999 à 8 208 en 2004 (+6%).

ZFU Nord Littoral

Dans la 1ère zone franche urbaine, située non loin de l’Estaque, trois nouveaux projets immobiliers sont en cours qui représentent 7 200 m2. Contrairement au départ, aujourd’hui, la Ville ne maîtrise plus de foncier, mais elle examine toutes les transactions, préempte éventuellement et essaie de stimuler partenaires institutionnels et professionnels de l’immobilier d’entreprise. Un partenariat doit être approfondi avec l’EPFR (Etablissement public foncier régional), chargé d’une mission sur le littoral de Marseille Nord, mais dont la logique de réserve foncière n’est pas la même. Les prix dans les bureaux ont suivi la hausse générale et vont de 100 à 170 ? du m2. D’où des difficultés pour les habitants du quartier de trouver des petits locaux à un coût correct pour des services de proximité ou pour les jeunes créateurs de s’installer.

ZFU 14e et 15e Sud

Pour la 2nde zone franche, plus proche du cœur de ville, la donne est encore différente. Certains sites, au-dessus du port, accueillent déjà des sociétés, mais parfois dans des sites dégradés et pollués, avec des problèmes d’indivision et de co-propriétés. La mairie essaie de travailler aussi sur le qualitatif des commerces. Sur le projet le plus médiatisé jusque-là, celui de la Station Alexandre (9 593 m2), porté par les époux Caulet, les travaux ont commencé. Il s’agit de la réhabilitation d’une ancienne gare de triage de type Eiffel. L’investissement correspondant serait de 11,2 M?. Le montage financier implique la Caisse des dépôts et consignations. Deux projets, de respectivement 490 m2 et 1 200 m2, ont été réalisés boulevard Moretti, porté par des propriétaires privés. Ainsi, la famille Ammar, propriétaire de la société de prêt-à-porter Gilclaude, a créé un petit hôtel d’entreprise. 11 établissements s’y sont installés créant 45 emplois. Deux immeubles occupés par France Telecom ont été vendus à l’investisseur international Catalyst Capital, en partenariat avec International Global Principal Investment Group et avec l’appui financier de Merryll Lynch. La Ville a négocié l’utilisation d’un des bâtiments de 1 600 m2 (38 bureaux) pour le mettre à disposition durant 23 mois de certains créateurs, à un prix inférieur au marché (250 ? par m2 par an) sans caution ni garantie, à condition que ceux-ci soient suivis par des associations spécialisées. Reste à travailler sur les noyaux villageois, comme la place des Etats-Unis, qui bénéficie d’une rénovation Anru, et les cités. En tout, cette zone franche totalise 21 981 m2 de projets immobiliers pour les mois à venir.

Cas d’école

En fait, globalement, la 1ère zone franche marseillaise est l’une de celles qui, en France, a donné les meilleurs résultats, du fait de la présence de parc d’activité et de foncier disponible maîtrisé par la Ville. Un cas finalement assez atypique, et éloigné de celui de la 2nde zone franche. Reste à savoir par ailleurs si les opérations d’aménagement et rénovation urbaine, indispensables, suivront… pour assurer un nouveau succès.

• La direction Economique de la Ville est pilote du dispositif (contact : Marie-José Garcia-Bienvenu : 04 95 09 50 15),
en partenariat avec la préfecture, les services fiscaux, l’Urssaf, la CCI, la Chambre des métiers, l’ANPE, le GPV.

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