En Paca, en 2030,
un tiers des habitants aura plus de 60 ans, contre moins dun
quart actuellement. Les difficultés sociales de lensemble
de la population sont de plus en plus marquées, avec notamment
5% de RMIstes. Laugmentation du travail des femmes génère
des besoins de garde denfants. Toutes ces personnes font appel
à divers services dans les domaines des soins, de la prévention
ou de laccompagnement. Certaines sont en mesure de payer, dautres
non.
Ces éléments sont déterminants dans la structuration
du secteur sanitaire et social, le 2e secteur employeur de la région
(10% de lemploi régional). Il occupe 210 000 personnes,
dont 180 000 salariés et 30 000 actifs en libéral. La
moyenne dâge est élevée, dans des emplois
relativement stables, avec 43% de CDI et 28% de titulaires de la fonction
publique. Le secteur est constitué de 150 métiers, mais
trois seulement concentrent 40% de lemploi : infirmier, sage-femme
et aide-soignant.
Loffre et la demande
Les métiers du social sexercent autant dans le secteur
privé que dans le secteur public, hormis laide à
domicile qui dépend largement des particuliers employeurs.
Les niveaux de qualification III (bac+2) et V (CAP-BEP) sont prépondérants.
Il existe un relatif équilibre entre loffre et la demande
demploi, excepté pour laide à domicile qui
souffre dune pénurie de personnel.
Les professions sanitaires sont caractérisées par une
diversité des employeurs et des statuts. La pyramide des âges
est tirée vers les seniors. 12 métiers sur 18 relèvent
du niveau III, alors quil nexiste aucun métier
de niveau IV (bac). Le marché de lemploi est marqué
par un manque général de professionnels, avec un turn-over
important chez les sages-femmes et les ambulanciers. La mobilité
professionnelle se traduit par des changements de cadre de travail,
mais plus rarement de métiers.
Les formations
Les formations au travail social sont des filières en mutation.
2 500 personnes en sortent chaque année en Paca, dont 1 800
visées par la décentralisation. Elles couvrent les niveaux
V à I et durent de neuf mois à trois ans. La filière
éducative est fortement attractive, concentrée sur trois
pôles géographiques (Marseille, Nice et Ollioules). Huit
certifications conduisent aux métiers de laide à
domicile, qui doit relever le défi de la professionnalisation.
Les métiers du service social seront confrontés à
un important renouvellement de leurs effectifs dici dix ans.
Laccès aux métiers de cadres est très sélectif,
en termes de places et de moyens. Enfin, on ne dispose encore daucun
recul sur les nouvelles préparations aux métiers de
médiateur et dassistants familiaux.
Les formations paramédicales et de sage-femme délivrent
chaque année 7 000 diplômes dont 5 000 sont concernés
par le transfert de charges à la Région. Ils sont de
niveau V à II (licence et maîtrise), il ny a pas
de niveau IV. Les formations aux métiers dauxiliaire
de puériculture et daide-soignant sont dispensées
dans 35 établissements dans la région, à des
publics âgés en moyenne de 27 ans pour les premiers et
31 ans pour les seconds. Dans le domaine des formations dinfirmiers,
majoritairement suivies par des personnes déjà entrées
dans la vie active, un équilibre est à trouver entre
une forte demande et une offre de formation limitée par la
logique des quotas. Enfin, le passage obligé par la 1ère
année de médecine fausse le jeu à lentrée
des formations de masseur-kinésithérapeute et sage-femme.
Les autres formations du secteur ont pour particularités soit
dêtre rares et de chercher leur place, parce que le métier
la cherche aussi (pédicure podologue, ergothérapeute...),
soit de conduire, dans leur diversité, à un même
métier (diététicien...), soit enfin de déboucher
sur des métiers en marge du secteur (ambulancier, opticien
lunetier et cadre).
Les premiers enjeux
Au regard de ces constats, il apparaît que le schéma
régional des formations de la filière devra sarticuler
autour de quatre métiers socles : aide-soignant, auxiliaire
de puériculture, auxiliaire de vie sociale/aide à domicile
et aide médico-pyschologique. Ces métiers de niveau
V représentent le volume dactifs et de formés
le plus nombreux et pour lequel le turn-over est important. Il faudra
mobiliser sur ces métiers toutes les voies daccès
à la certification, notamment la VAE. Celle-ci pourrait aussi
être privilégier pour favoriser les changements et lélévation
des niveau de qualification, fortement freinés actuellement.
Dans la même idée, il faut aussi encourager la poursuite
détudes en formation initiale après le BEP, construire
des passerelles entre les métiers, privilégier la VAE,
et accompagner les structures en termes de gestion des ressources
humaines.
Autre défi : améliorer les conditions de déroulement
des stages. Ils sont fortement consommateurs de temps et de moyens.
Aussi faut-il aider le personnel dencadrement à obtenir
les qualifications nécessaires pour assurer le tutorat, en
élargir les possibilités en associant les professions
libérales et développer des pratiques de parrainage,
notamment avec les séniors.
Autre piste à explorer : utiliser le travail social comme voie
de réinsertion professionnelle. Lengagement de jeunes
des quartiers difficiles dans lanimation socio-culturelle est
souvent considéré comme une première marche vers
les métiers de laide sociale. Il en est de même
pour ceux qui accueillent de jeunes enfants à leur domicile.
Ces publics, qui pourraient accéder à une certification
professionnalisante, doivent être pris en compte dans la préparation
du schéma régional.
Marie-Pierre
Vega
En savoir plus
: www.sao-orm-paca.org