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Sanitaire et social/Emploi - 19/03/2007 - SI 577

Quelles qualifications pour demain ?

 
La Région prépare pour l’automne 2007 un schéma régional des formations initiales du travail social et des professions paramédicales et de sage-femme (SI 576). Au préalable, la collectivité a demandé à l’Observatoire régional des métiers un état des lieux du secteur en Paca.

Par Marie-Pierre Vega

En Paca, en 2030, un tiers des habitants aura plus de 60 ans, contre moins d’un quart actuellement. Les difficultés sociales de l’ensemble de la population sont de plus en plus marquées, avec notamment 5% de RMIstes. L’augmentation du travail des femmes génère des besoins de garde d’enfants. Toutes ces personnes font appel à divers services dans les domaines des soins, de la prévention ou de l’accompagnement. Certaines sont en mesure de payer, d’autres non.
Ces éléments sont déterminants dans la structuration du secteur sanitaire et social, le 2e secteur employeur de la région (10% de l’emploi régional). Il occupe 210 000 personnes, dont 180 000 salariés et 30 000 actifs en libéral. La moyenne d’âge est élevée, dans des emplois relativement stables, avec 43% de CDI et 28% de titulaires de la fonction publique. Le secteur est constitué de 150 métiers, mais trois seulement concentrent 40% de l’emploi : infirmier, sage-femme et aide-soignant.

L’offre et la demande

Les métiers du social s’exercent autant dans le secteur privé que dans le secteur public, hormis l’aide à domicile qui dépend largement des particuliers employeurs. Les niveaux de qualification III (bac+2) et V (CAP-BEP) sont prépondérants. Il existe un relatif équilibre entre l’offre et la demande d’emploi, excepté pour l’aide à domicile qui souffre d’une pénurie de personnel.
Les professions sanitaires sont caractérisées par une diversité des employeurs et des statuts. La pyramide des âges est tirée vers les seniors. 12 métiers sur 18 relèvent du niveau III, alors qu’il n’existe aucun métier de niveau IV (bac). Le marché de l’emploi est marqué par un manque général de professionnels, avec un turn-over important chez les sages-femmes et les ambulanciers. La mobilité professionnelle se traduit par des changements de cadre de travail, mais plus rarement de métiers.

Les formations


Les formations au travail social sont des filières en mutation. 2 500 personnes en sortent chaque année en Paca, dont 1 800 visées par la décentralisation. Elles couvrent les niveaux V à I et durent de neuf mois à trois ans. La filière éducative est fortement attractive, concentrée sur trois pôles géographiques (Marseille, Nice et Ollioules). Huit certifications conduisent aux métiers de l’aide à domicile, qui doit relever le défi de la professionnalisation. Les métiers du service social seront confrontés à un important renouvellement de leurs effectifs d’ici dix ans. L’accès aux métiers de cadres est très sélectif, en termes de places et de moyens. Enfin, on ne dispose encore d’aucun recul sur les nouvelles préparations aux métiers de médiateur et d’assistants familiaux.
Les formations paramédicales et de sage-femme délivrent chaque année 7 000 diplômes dont 5 000 sont concernés par le transfert de charges à la Région. Ils sont de niveau V à II (licence et maîtrise), il n’y a pas de niveau IV. Les formations aux métiers d’auxiliaire de puériculture et d’aide-soignant sont dispensées dans 35 établissements dans la région, à des publics âgés en moyenne de 27 ans pour les premiers et 31 ans pour les seconds. Dans le domaine des formations d’infirmiers, majoritairement suivies par des personnes déjà entrées dans la vie active, un équilibre est à trouver entre une forte demande et une offre de formation limitée par la logique des quotas. Enfin, le passage obligé par la 1ère année de médecine fausse le jeu à l’entrée des formations de masseur-kinésithérapeute et sage-femme.
Les autres formations du secteur ont pour particularités soit d’être rares et de chercher leur place, parce que le métier la cherche aussi (pédicure podologue, ergothérapeute...), soit de conduire, dans leur diversité, à un même métier (diététicien...), soit enfin de déboucher sur des métiers en marge du secteur (ambulancier, opticien lunetier et cadre).

Les premiers enjeux


Au regard de ces constats, il apparaît que le schéma régional des formations de la filière devra s’articuler autour de quatre métiers socles : aide-soignant, auxiliaire de puériculture, auxiliaire de vie sociale/aide à domicile et aide médico-pyschologique. Ces métiers de niveau V représentent le volume d’actifs et de formés le plus nombreux et pour lequel le turn-over est important. Il faudra mobiliser sur ces métiers toutes les voies d’accès à la certification, notamment la VAE. Celle-ci pourrait aussi être privilégier pour favoriser les changements et l’élévation des niveau de qualification, fortement freinés actuellement. Dans la même idée, il faut aussi encourager la poursuite d’études en formation initiale après le BEP, construire des passerelles entre les métiers, privilégier la VAE, et accompagner les structures en termes de gestion des ressources humaines.
Autre défi : améliorer les conditions de déroulement des stages. Ils sont fortement consommateurs de temps et de moyens. Aussi faut-il aider le personnel d’encadrement à obtenir les qualifications nécessaires pour assurer le tutorat, en élargir les possibilités en associant les professions libérales et développer des pratiques de parrainage, notamment avec les séniors.
Autre piste à explorer : utiliser le travail social comme voie de réinsertion professionnelle. L’engagement de jeunes des quartiers difficiles dans l’animation socio-culturelle est souvent considéré comme une première marche vers les métiers de l’aide sociale. Il en est de même pour ceux qui accueillent de jeunes enfants à leur domicile. Ces publics, qui pourraient accéder à une certification professionnalisante, doivent être pris en compte dans la préparation du schéma régional.

Marie-Pierre Vega

En savoir plus : www.sao-orm-paca.org

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