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Foncier - 03/09/2007 - SI 593

En Paca, l’urbanisation s’embourbe dans le foncier agricole

 
Le rapport de l’exercice 2006 de la Safer Paca fait état d’une relative stabilité du nombre de transactions, d’une diminution des surfaces vendues, et surtout d’un léger ralentissement de la montée des prix des terres agricoles.

Par Julien Pompey

Après dix ans de hausse, les prix des terres agricoles de la région se sont stabilisés en 2006, selon la Safer Paca (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural). Sur un marché très actif, cet organisme chargé de défendre et de mieux répartir le foncier agricole note, dans son rapport annuel, une relative stabilité du nombre de transactions et surtout une augmentation “relativement limitée” des prix. Cette situation nouvelle s’explique par “la prise de conscience des collectivités, qui se sont rendues compte de l’impact et de l’importance de l’agriculture, en termes de valorisation territoriale et de qualité de vie”, explique Max Lefèvre, directeur adjoint de la Safer Paca. “Le déclassement massif des terres rurales, avec le développement des villes, est allé à l’encontre de l’agriculture à tel point que certains départements se retrouvent aujourd’hui dos au mur, en raison du peu de zones agricoles qu’ils conservent.” En 30 ans, sur la bande littorale de Menton à l’étang de Berre, 54% de la surface agricole utile (SAU) a été engloutie. Si, en moyenne, l’agriculture occupe 53% des surfaces du territoire français, les départements méditerranéens y consacrent moins de 41%. Ce taux tombe à 10,9% dans le Var... La poursuite linéaire de cette tendance, peu probable, aboutirait à la disparition des espaces agricoles sur le littoral des Alpes-Maritimes d’ici sept ans, quinze ans dans les Bouches-du-Rhône, et vingt-cinq ans sur le littoral varois...

La Safer a tiré la sonnette d’alarme

La situation dans l’arrière-pays n’est guère plus réjouissante. Il connaît une diminution constante des surfaces de terres dans les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence. Une tendance aux effets redoutés, accentuée par la prévision de la Datar (Délégation à l’aménagement du territoire et de l’action régionale) : l’arrivée d’un million d’habitants supplémentaires dans la région au cours des 20 prochaines années... Ce qui a conduit la Safer Paca a tirer la sonnette d’alarme, il y a quelques mois. Dans la foulée, l’opérateur foncier rural a signé des conventions de surveillance du marché foncier (CIF) avec 296 communes et intercommunalités de la région, et leur adresse des notifications. Et elle préempte. En 2006, elle l’a fait à 87 reprises, et a acheté, pour elle-même ou pour le compte des agriculteurs, 8 931 hectares (39% des surfaces) pour 192 M, lors de 195 transactions (14% du marché).
Reste que le marché foncier agricole régional conserve de fortes disparités. Les départements à dominante viticole ou peu pourvus en terres labourables ont enregistré le ralentissement des prix les plus marqués (Vaucluse : +0,2%, Alpes-Maritimes : 0%). De leur côté, les Hautes-Alpes ont connu une véritable flambée, avec la 4e plus grosse progression nationale. A l’opposé, dans un contexte de baisse de la demande, les Alpes-de-Haute-Provence voient une très nette diminution des prix du foncier (-2,9%) suite à une baisse marquée des prairies.

Les prix les plus élevés en France

Mais, si les prix des terres agricoles de la région ont tendance à se stabiliser, ils n’en demeurent pas moins à des niveaux élevés. Quatre départements de la région se situent même parmi les dix départements les plus chers en France, selon un classement établi par l’Agreste. Les Bouches-du-Rhône détiennent même la première position, avec un prix moyen de 8 030 /ha, contre 3 880 /ha en moyenne nationale, tandis que le Var (6 010 /ha), le Vaucluse (5 710 /ha) et les Alpes-Maritimes (5 380 /ha) se classent respectivement en 6e, 9e et 10e position. Pour autant, les installations d’agriculteurs se sont poursuivies à un rythme croissant. Au cours des trois dernières années, 194 agriculteurs se sont installés, dont 78 “jeunes agriculteurs” de moins de 40 ans, par achat auprès de la Safer pour un prix foncier ramené à 2 045 €/ha.

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