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Cancer en Paca - 19/04/2004

La pédagogie au service de la lutte


Le Train européen contre le cancer s’est arrêté à Marseille les 13 et 14 avril. Exposition et conférences ont permis de mieux comprendre les moyens de prévenir et traiter la maladie ainsi que les efforts de recherche en cours pour mettre au point de nouvelles thérapies. A l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, le plan Cancer se concrétise déjà par de nombreux investissements.

Par Jean-Christophe Barla

La prévention contre le cancer

“Une hygiène de vie saine contribue à réduire les risques d’apparition d’un cancer, explique le Dr Anthony Gonçalves, du département d’oncologie médicale à l’Institut Paoli-Calmettes à Marseille. Cela implique de ne consommer ni tabac, ni alcool, de ne pas s’exposer irrationnellement au soleil et de veiller à la qualité de son alimentation, en mangeant des fruits et des légumes. Respecter ces simples conseils diminuerait très significativement le nombre de cancers. Cependant, les connaissances restent encore trop partielles sur le rôle joué par l’environnement (pollution, par exemple) dans le développement de la maladie. Mais on peut supposer qu’il n’est pas neutre”.
Dans les pays développés, l’origine des cancers serait due à 5% à l’hérédité, 30% au tabac, 30% à l’alimentation, 20% aux hormones, 10% à des infections, 5% à des facteurs physiques (radiations atomiques, ultra-violettes, rayons X…).
Un dépistage précoce permet une meilleure prise en charge thérapeutique et améliore les chances de guérison. Depuis le 1er janvier 2004, la gratuité des tests et examens a été étendue, en matière de cancer du sein, à toutes les femmes de 50 à 74 ans (contre 69 ans auparavant) sur tout le territoire français. D’ici à la fin de l’année, le dépistage du cancer colo-rectal (test Hemocult) pour les hommes et femmes de plus de 50 ans sera expérimenté dans 22 départements. Le Conseil général des Bouches-du-Rhône l’a déjà mis en place, à titre pilote, depuis 2003. Pour le cancer du col de l’utérus, le frottis reste le meilleur outil de dépistage. Enfin, des campagnes d’information vont bientôt être lancées sur le mélanome, encourageant chacun à repérer ses grains de beauté suspects.

Les outils du diagnostic

Les outils de diagnostic reposent sur des techniques désormais bien éprouvées : cliniques, endoscopiques (fibroscopie, coloscopie…), chirurgie exploratrice, imagerie médicale (radiographie, échographie, scanner, résonance magnétique nucléaire, scintigraphie)… Mais, ils se renforcent, notamment avec l’apparition d’une nouvelle technique d’imagerie, le Pet-scan, qui aide au diagnostic d’extension de la maladie et permet de confirmer la disparition, après un traitement, de toute trace de tumeur avant un geste chirurgical.

Les différents modes de traitement

Chaque cancer implique un traitement spécifique. Il peut être localisé sur la tumeur ou les cellules cancéreuses (radiothérapie, chirurgie) ou administré par voie générale dans tout le corps (chimiothérapie, hormonothérapie). Mais, de nouvelles approches se font jour, plus ciblées, moins nocives pour les tissus sains et plus tolérables, en termes d’effets secondaires, par le patient. Comme la cytotoxologie. “Nous travaillons à la mise au point de nouvelles molécules qui agiraient uniquement sur le processus de prolifération des cellules cancéreuses, explique Anthony Gonçalves. Elles permettraient de parvenir à une stabilisation, voire une disparition de la maladie. Le traitement, concrétisé par une administration continue de ces molécules sous forme de médicament, s’apparenterait à celui du diabète. Des expériences sont en cours, avec des résultats encourageants, mais variables selon les types de cancers”.
L’immunologie (stimulation des systèmes de défense de l’organisme contre les cellules cancéreuses), utilisée déjà dans certains cancers (sein, ganglions) ou à l’étude, la thérapie génique (remplacement de gènes défectueux, responsables de la survenance du cancer, par des gènes intacts) qui se limite pour l’instant à des essais cliniques, constituent d’autres pistes de l’avenir du traitement des cancers.

Des raisons d’espérer

En France, 280 000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année et 800 000 personnes sont en cours de traitement.
Mais si, entre 1980 et 2000, le nombre de cas a progressé de 63%, le nombre de décès n’a, lui, augmenté que de 20%.
Aujourd’hui, 40% des cancers sont guéris chez l’homme, 60% chez la femme et 75% chez l’enfant. Des chiffres qui ne pourront que s’améliorer.

Le plan Cancer à Marseille

Déjà en pointe dans le secteur, l’AP-HM matérialise depuis plusieurs mois le plan Cancer par des investissements importants.
Un Pet-Scan vient d’être mis en service à l’Hôpital de La Timone pour un investissement de 3 M€ (avec l’appui du Conseil général). Des accélérateurs de particules pour la radiothérapie vont également compléter les équipements dédiés au traitement : La Timone, qui en possède un, bénéficiera d’un appareil supplémentaire, l’Hôpital Nord en comptera également deux à l’horizon 2005. Leur installation impliquera un investissement de l’ordre de 5 M€ pour leur acquisition et les travaux immobiliers nécessaires.
Le parc de scanners vient également d’être étendu : trois IRM ont été installés sur les hôpitaux de La Timone, La Conception et Sud pour 1 M€ d’investissement chacun.
De nombreux développements sont en cours, en matière de recherche, dans le cadre du Cancéropôle qui associe l’AP-HM et l’Institut Paoli-Calmettes, mais aussi, sur le plan régional, le CHU de Nice et l’Hôpital Antoine Lacassagne. “Le plan Cancer nous a permis d’accélérer les projets engagés et de disposer de moyens plus conséquents, surtout en faveur de la recherche, explique Mireille Chevigné, directeur de la stratégie de l’AP-HM. Notre objectif consiste maintenant, aussi, à parvenir à une prise en charge plus ciblée du malade sur le plan psychologique”.

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