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Santé au travail en Paca

La prévention des risques professionnels
en marche

Mobilisés depuis trois ans dans un réseau de projets pluridisciplinaires, les acteurs publics et privés de la prévention des risques professionnels de la région Paca ont tenu leurs deuxièmes Assises d'octobre à décembre. Bilan des chantiers engagés et perspectives de développement pour les trois ans à venir.

Par Marie-Pierre Vega

Du 10 octobre au 11 décembre 2003, les acteurs de la prévention et de la maîtrise des risques professionnels ont présenté dans 22 manifestations, 22 actions élaborées dans le cadre des Réseaux de veille et de prévention des risques professionnels en Paca. L'objectif est triple : optimiser la politique de santé au travail par une approche en réseau, construire et alimenter un système de veille sanitaire, et mettre en synergie, à l'échelle territoriale, les acteurs institutionnels de la prévention, les pouvoirs publics, les employeurs, les salariés et leurs représentants.

Genèse des réseaux

Depuis trois ans, ils sont une cinquantaine de partenaires : chercheurs, universitaires, médecins du travail, syndicalistes, entrepreneurs, formateurs… à travailler ensemble pour faire avancer ces projets structurés autour de cinq axes : prévention des cancers d'origine professionnelle, prévention des atteintes à la santé relatives aux facteurs psychosociaux liés au travail, évaluation des risques et gestion des informations relatives aux expositions, transfert des compétences en informant et en formant, et, enfin, action en entreprise.
Initiative innovante et inédite en France, le projet est conduit en commun par l'Etat via la DRTEFP et le Conseil régional. Il est inscrit au volet “santé au travail” du Contrat de plan Etat-Région pour la période 2000-2006. A ce titre, il est financé par une enveloppe globale de 2,5 M€, abondée par la DRTEFP à hauteur de 153 K€ par an.

Etat des lieux des travaux

Trois ans après la création officielle des Réseaux, l'état d'avancement varie. “Les chantiers relatifs à la prévention des cancers d'origine professionnelle montrent que le sujet est complexe. Il est très difficile de déceler les origines strictement professionnelles des cancers, d'élaborer des outils de suivi pertinents et de les mettre en place, explique Philippe Sotty, ingénieur de prévention de la DRTEFP en charge de la coordination des Réseaux. Ceci dit, tout le travail déjà entamé a permis de développer un niveau satisfaisant de sensibilisation des entreprises, des salariés et des pouvoirs publics. Mais il reste encore beaucoup à faire. Dans cette région, on estime à 100 000, soit 10% de la population active, le nombre de salariés exposés à des produits cancérogènes, employés par 15 000 des 150 000 entreprises que compte le territoire. Nous savons que nous sommes loin d'avoir touché tout le monde.”
Tous les autres chantiers avancent bien, comme les études sur les phénomènes de violence psychologique au travail ou de stress dû aux changements organisationnels, les expériences de formation des représentants du personnel ou des secrétaires de CHSCT ou encore la mise en œuvre d'une démarche d'évaluation des risques dans des PME et des TPE. Cependant, il faut convenir que nous devons entrer davantage dans un travail de partenariat et mieux intégrer les acteurs relais des entreprises, comme les représentants du personnel, ou les acteurs des PME et des TPE. Ce travail devra être fait sur les trois prochaines années”, estime Philippe Sotty.

Axes de travail 2004-2006

La DRTEFP propose un programme de travail en neuf points. Les actions de prévention privilégieront des axes de travail supplémentaires : la connaissance et la prévention des TMS (Troubles musculo-squelettiques) par branche d'activité, la prévention des risques liés à la sécurité routière, la mise en place de systèmes de management en santé-sécurité au travail intégrés au management de l'entreprise, le retour et le maintien dans l'emploi des personnes handicapées par la prévention, l'adaptation, la formation et le suivi médical professionnel, la prévention des risques de surdité professionnelle et la prévention des risques d'AT/MP (accidents du travail et maladies professionnelles) dans le BTP.
Le programme 2004-2006 met par ailleurs l'accent sur le développement des institutions représentatives du personnel en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail, ainsi que des actions au niveau des branches professionnelles et des TPE. A renforcer également : le travail en réseaux et, ce, au plus près des entreprises en s'appuyant sur les relais professionnels locaux, la surveillance, la veille et l'alerte, et enfin l'intégration de la prévention dans la formation initiale et continue.
Le suivi de la mise en œuvre de ce programme sera assuré par une conférence régionale annuelle. Elle assurera un retour d'expériences, une concertation et une évaluation périodique des résultats obtenus.

Les maladies
professionnelles
progressent


Si le nombre d'accidents du travail avec arrêt diminuent en Paca et en Corse, il n'en va pas de même avec les maladies professionnelles, selon le tableau de bord régional 2003 de la santé, la sécurité et des conditions de travail, réalisé par l'Observatoire régional de la santé. Le nombre d'indemnisations pour 100 000 salariés a continué de progresser sur les quatre dernières années. Ce sont les affections liées à l'amiante et aux troubles musculo-squelettiques qui ont principalement contribué à cette augmentation. Une attention particulière doit être apportée à certains cancers dont l'origine professionnelle n'est pas reconnue la plupart du temps, comme les cancers de la vessie ou les leucémies. Les décès par maladies professionnelles sont également sous-estimés dans les statistiques qui ne tiennent compte que des cas indemnisés. Entre 1994 et 2000, seuls 72 décès sur 4 347 maladies indemnisées ont été comptabilisés. Dans 75% des cas, ils sont consécutifs à une maladie de l'amiante. Les autres causes de décès sont, par ordre de fréquence : hémopathies provoquées par le benzène, affections provoquées par des rayonnements ionisants, affections cancéreuses provoquées par les goudrons et affections provoquées par le bois et la silice.

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