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Traçabilité
(13/04/2004)
Au 1er janvier 2005, de nouvelles règles régiront les chaînes d'approvisionnement agroalimentaire, soumettant les entreprises à une obligation de traçabilité, de la production à la distribution. Il reste donc huit mois pour engager les investissements nécessaires. Une réunion organisée récemment à Marseille par Gencod EAN France a permis de mieux comprendre les enjeux de la démarche. Par
Jean-Christophe Barla
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Cours
de rattrapage |
Les
nouvelles règles européennes
Elles reposent sur les articles 18 et 19 du règlement européen 178/2002 et soulignent : La traçabilité des denrées alimentaires, des aliments pour animaux, des animaux producteurs de denrées alimentaires est établie à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution. Les exploitants du secteur alimentaire et de l'alimentation animale doivent donc être en mesure d'identifier toute personne leur ayant fourni une denrée alimentaire, un aliment pour animaux, un animal producteur de denrées alimentaires. Pour y parvenir, il leur faut se doter de systèmes et de procédures permettant de mettre l'information en question à disposition des autorités compétentes, à la demande de celles-ci. Ils devront également posséder des dispositifs d'identification des entreprises auxquelles ils ont fourni leurs produits, s'équiper de systèmes d'étiquetage et de suivi favorisant la traçabilité et être en mesure, en cas d'incident relatif à la sécurité alimentaire, d'engager immédiatement les procédures de retrait du marché. Quel est le minimum requis ? Le dispositif maximum porte sur une traçabilité au colis ou au carton, mais le niveau d'exigence n'atteint pas encore ce degré. Le véritable minimum de traçabilité se situe, lui, au niveau du code barres. Mais ce dernier ne suffit plus, selon Bernard Sion, directeur du développement de Gencod EAN France. En cas de risque pour le consommateur, on peut retirer tous les produits portant le code barres incriminé, mais la démarche est coûteuse. Pourquoi retirer 10 000 unités si le problème n'en concerne que dix ? L'objectif d'un système de traçabilité consiste donc à marquer ses produits plus finement pour n'en retirer que 50 ou 100 si un incident survient. Voici donc les nouvelles recommandations minimales à mettre en uvre d'ici la fin de l'année. D'abord, prévoir, à la sortie de la chaîne de fabrication, lorsque la palette est constituée, son marquage par un code dit SSCC (Serial Shipping Container Code) à 18 chiffres. Il permet de garantir son unicité dans un cadre international et de l'identifier précisément à chaque étape du processus d'expédition : stockage, transport, réception Etablir et mémoriser ensuite les liens entre chaque palette et son contenu (code produit dit GTIN, N° de lot, date limite de consommation, date limite d'utilisation optimale ). L'entreprise doit pouvoir suivre également le parcours de la palette du stockage jusqu'au destinataire, tout au long des manutentions intermédiaires (prestataire logistique, transporteur ). Enfin, à l'expédition de la marchandise, le fournisseur doit avoir la possibilité d'adresser simultanément à son client un avis d'expédition électronique qui reprend toutes les informations indiquées jusque-là sur la palette et son contenu (SSCC, GTIN, N° de lot ). Quels avantages ? Selon Gencod EAN, au-delà de la sécurité alimentaire, l'installation d'un système de traçabilité génère beaucoup d'avantages pour l'entreprise : diminution des litiges, amélioration du taux de service, meilleure gestion des stocks, facilitation des inventaires et des processus de réapprovisionnement automatique. Alexandre Richard, chef de projet traçabilité de Lecasud, la centrale d'achat Sud-Est de Leclerc (Le Luc, 83), note que le système mis en place dans sa société, avec un étiquetage pour chaque palette en fonction de son magasin de destination, trace plus finement la marchandise. Nous réduisons les ruptures de références synonymes de perte de chiffre d'affaires. Il nous permet aussi, lorsqu'il faut rapatrier des produits, de gagner du temps et de réduire les retraits massifs, en repérant plus facilement le point de vente concerné. François Cabet, de la société Pastacorp (production de pâtes sèches et semoules aux marques Rivoire et Carré, Lustucru, Pasco à Aix), y voit, lui, un atout supplémentaire pour préserver l'image de la société, lorsque les médias s'emparent d'une affaire : Nos marques constituent notre patrimoine. Nous devons les protéger. Même si la rentabilité d'un tel investissement est difficilement quantifiable, la traçabilité apporte une assurance complémentaire. L'agroalimentaire seulement ? Le règlement européen n'évoque que l'agroalimentaire. Mais, pour Pierre Georget, DG de Gencod EAN France, tout produit en contact avec le grand public y est potentiellement soumis car le consommateur se montre de plus en plus sensible à la maîtrise du risque. |
Qu'est-ce-que
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